Relier profit & bien commun – sens & potentiel humain- conscience & cœur


Cet article a été posté sur LinkedIn le 8 mai 2019

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Depuis quelques années lorsque l’on me demande ce que je fais, je réponds que je travaille dans la finance, et j’ajoute que j’essaye d’humaniser la finance.

En 2014 je découvre la méditation de pleine conscience et très vite je ressens l’envie de partager cet état d’esprit qui m’apporte tant : un changement de regard, une approche qui m’aide à découvrir mes émotions et leur puissance. J’ai la conviction que nos émotions sont la source d’un potentiel en chacun de nous, qui ne demande qu’à s’exprimer.

Fin mars j’ai la chance d’assister au Vision Summit, organisé par le club des CHO* sur le futur du travail. Le même message est partagé par tous les intervenants devant plus de 300 participants : l’importance de l‘intelligence émotionnelle, accompagner chacun à se connaître, oser être soi-même, authentique et ainsi exprimer son plein potentiel.. favoriser les softs skills, l’humilité, l’intelligence collective, co-construire tous ensemble. Quelle joie et quel soulagement de voir autant de personnes penser qu’on puisse être soi-même en entreprise, et même l’encourager !

Début avril, salon Produrable, le salon des acteurs et des solutions durables, et de nouveau, même état d’esprit, devant des salles pleines. Cela m’enthousiasme de voir autant de personnes partager ces idées et leurs expériences. ça rejoint la philosophie du label B Corp, dont le slogan est de ne pas être la meilleure entreprise du monde mais la meilleure pour le monde. Faire partie d’une communauté qui partage une envie de contribuer au Bien commun, favorisant l’entraide.

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Quand je vois ce qui se joue actuellement, je pense aux idées visionnaires de l’économiste Keynes « le jour n’est pas éloigné où le problème économique se tiendra à sa vraie place, sur la banquette arrière, et où notre cœur et notre esprit seront occupés – ou plutôt réoccupés – par nos vrais problèmes, ceux de la vie et des relations entre les hommes, ceux des créations de l’esprit, ceux de la religion. »

J’ai l’intuition que le mois d’avril marque un tournant dans cette période de transition, à travers 2 évènements symboliques: la loi Pacte et Notre-Dame.

Une grande partie du monde est ému par l’incendie de Notre-Dame, en quelques jours le milliard d’euro de collecte est atteint.. cet événement nous montre l’impact que peut avoir un événement lorsque nous ressentons une émotion importante.. nous rappelle notre impermanence et notre vulnérabilité.

Quelques jours plus tôt, le parlement a validé la loi Pacte, en particulier l’article 61 qui modifie la définition de l’objet social dans le Code Civil, inchangé depuis plus 2 siècles. Dorénavant les entreprises ont pour finalité de réaliser du profit & en même temps prendre en considération les enjeux sociaux et environnementaux. Pour certains, cette loi ne serait pas assez contraignante. Je crois justement que laisser la liberté de choisir de s’engager en fait sa force. A l’image de la confiance, qui ne se décrète pas mais qui se co-construit, sur la durée, laissant à chacun le choix de prendre sa responsabilité et l’envie de s’engager, dans un partenariat qui satisfait les besoins de chacun, lorsqu’il est basé sur la sincérité et sur un objectif commun.

Prendre en compte 2 dimensions en même temps. 

La charpente de Notre-Dame, constituée de bois en chêne de plus de 8 siècles était surnommée la forêt.. et en même temps la forêt amazonienne, surnommée le poumon vert de la planète, véritable cathédrale naturelle sacrée, a quant à elle plus de 55 millions d’années d’existence..

Ecouter notre cœur et prendre conscience de ce que représente notre planète.

Nous sommes dans un monde complexe, complexus signifie en latin tisser des liens. Choisir de changer son regard, avoir une vision globale pour prendre conscience de notre interdépendance, me semble essentiel. Se libérer de notre vision binaire, qui oppose, qui nous fait nous sentir séparé, pour aller vers une vision qui relie, qui nous fait nous sentir en interaction, la vision ternaire, orientale : le yin, le yang et le mouvement. La clé est l’équilibre, et l’équilibre se trouve dans le mouvement. 

L’équilibre, interconnexion et environnement

Les peuples premiers sont les maîtres de l’équilibre. Ils ont su garder un rapport authentique et équilibré avec leur environnement, grâce à cette conscience de faire partie de cet environnement. Ils ne cherchent pas à dominer la nature, ou leur entourage, ils ont l’humilité d’écouter dans un échange respectueux et vertueux. Pour les chamans, le monde extérieur est le reflet de notre monde intérieur et vice versa. Ce sentiment d’être interconnectée m’aide à profiter de chaque interaction, expérience, comme une opportunité de m’ajuster pour évoluer.

Les peuples premiers nous alertent depuis des années sur cette nécessité d’écouter la nature. un amérindien dans les années 50 disait « Saviez-vous que les arbres parlent ? Ils le font pourtant ! Ils se parlent entre eux et ils vous parleront si vous écoutez. L’ennui avec les Blancs, c’est qu’ils n’écoutent pas ! Ils n’ont jamais écouté les Indiens, aussi je suppose qu’ils n’écouteront pas les autres voix de la nature »

La science, à travers par exemple l’intelligence des arbres, confirme aujourd’hui cette sagesse ancestrale, cette connaissance intuitive, que nous avons tous. Nous avons eu tendance à nous couper de nos émotions en se laissant diriger essentiellement par notre mental.

S’inspirer des peuples premiers pour mieux vivre en harmonie avec la Nature et ainsi mieux vivre en harmonie avec notre nature profonde, à l’écoute de nos émotions.  En se conformant à des normes n’aurions-nous pas oublié notre vraie nature, confondant « normal » et naturel ?

Comment créer les conditions pour permettre à chacun d’exprimer son potentiel ? 

Adhérer au projet commun de contribuer aux enjeux environnementaux, sociaux et éthiques, redonnant ainsi le sens et l’envie à chacun de s’impliquer. Faire vivre les valeurs de l’entreprise comme un organisme vivant qui se co-construit, où chaque personne apporte sa singularité, est une véritable opportunité aujourd’hui. Avoir un objectif fédérateur pour s’aider tous ensemble, progressivement, à se libérer de notre vision individualiste, longtemps basée sur la compétition, afin d’incarner un état d’esprit collectif: co-création et co-responsabilité à travers l’expérimentation.

La raison peut être un moteur pour s’engager, par devoir, par responsabilité.. Un autre moteur est l’élan du cœur, s’engager avec l’envie de s’impliquer, motivé pour changer les choses, agir pour donner le meilleur de soi, pour soi et pour le collectif. 

Je réalise à quel point mes convictions, mon envie de transmettre sont un puissant moteur pour agir, et m’apportent une énergie qui me donne envie de donner le meilleur.

Nous serions en train de vivre la 6e extinction de masse, mais contrairement aux précédentes, la 1ère générée par l’activité humaine. Nous avons un potentiel insoupçonné, capable du meilleur, comme du pire.. avoir conscience de nos comportements dans un perspective globale, prendre en compte cette interdépendance, pour s’entraider à agir en alignant nos paroles et nos actes, unis vers un intérêt commun..

La dimension humaine suit une logique à laquelle nos cerveaux rationnels n’ont pas l’habitude : la connaissance, le bonheur et l’amour sont des richesses qui se multiplient lorsqu’on les partage, à l’image d’un sourire. La peur réduit le champ de vision, l’amour l’élargit. En associant la dimension humaine à l’argent, il est possible de dépasser le système qui maximise le profit sous contrainte de risques, pour co-construire une organisation qui maximise en même temps le profit, les intérêts environnementaux et sociaux & le potentiel humain.

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*club des Chief happiness Officer, co-fondé par Catherine Testa et Olivier Toussaint


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